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Lumière pâle sur les collines

Un roman de Kazuo Ishiguro.
Paru en juin 2009 aux éditions Folio Gallimard.

Lumière pâle sur les collines

Etsuko est une Japonaise qui vit en Angleterre depuis plusieurs années. Elle a deux filles. L’aînée, Keiko, est issue de son premier mariage avec un Japonais et est née au Japon. Elle a eu beaucoup de mal à s’adapter au nouveau mari de sa mère, un Anglais, et à sa nouvelle vie. La cadette Niki, est née de ce second mariage et n’a jamais été très proche de sa soeur aînée. Le roman s’ouvre sur le suicide de Keiko…

Face au suicide de sa fille aînée, Etsuko se replonge dans ces souvenirs. Elle cherche une explication à ce drame, se sentant coupable du malheur de sa fille. C’est dans le Japon de l’après-guerre, à Nagasaki, encore marquée par les traumatismes de la bombe qu’elle nous emmène. A l’époque, elle était mariée à Jiro, un Japonais, et enceinte de Keiko. Elle s’était liée d’amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, plus âgée qu’elle et qui avait déja une petite fille, Mariko…

C’est avec Auprès de moi toujours que j’avais découvert Kazuo Ishiguro. C’est lui qui m’a véritablement donné envie de me pencher plus avant sur la littérature japonaise. Lumière pâle sur les collines est son premier roman, paru pour la première fois en France en 1984. J’aime sa plume, son style dépouillé, sa manière de ne jamais rien affirmer ou confirmer, les non-dits, … Cette impression de blancheur, de pâleur qui ressort de ces romans. Tout est mystérieux, on ne peut que s’imaginer ce qui s’est passé, tenter d’y trouver une explication rationnelle. Comme Auprès de moi toujours, ce roman est vraiment envoutant. Lorsqu’on lit Kazuo Ishiguro, on n’en sort jamais indemne…

De Niro’s Game

Un roman de Rawi Hage.
Paru en septembre 2008 aux éditions Denoël.

De niro game

Début des années 1980. Bassam et Georges sont deux amis d’enfance. Ils survivent comme ils peuvent dans un Beyrouth dévasté par les bombes. Un peu voyou, vivant de menus larcins, les jours se suivent pour les deux jeunes hommes comme les alertes à la bombe. Ils rêvent de jours meilleurs jusqu’au jour où Georges s’engage dans la milice. Progressivement, les deux amis s’éloignent l’un de l’autre, Bassam rêve de vivre à l’étranger alors que Georges combat dans la milice chrétienne…

Georges et Bassam sont deux petits voyous qui vivent comme ils le peuvent de leurs petits larcins et de leurs petits boulots. Ils passent leurs nuits dans des fêtes où les filles manquent mais l’alcool coule à flot. Tout ne serait pas si terrible si on n’était pas à Beyrouth dans les années 1980 alors que la guerre fait rage, que les alertes à la bombe se succèdent et que les cadavres pleuvent.
Un jour qu’ils s’ennuient et qu’ils ont besoin d’argent, ils décident de monter un gros coup. Il est question de détourner la recette de la salle de jeu où travaille Georges. Mais l’argent ne fait pas tout. Georges est de plus en plus attiré par les milices chrétiennes alors que Bassam rêve d’évasion, de Rome ou de Paris.
L’écriture est belle et puissante, mais dure et noire. L’histoire est noire, pessimiste, un peu trop pour moi. Je n’ai pourtant pas eu de mal à me plonger dans le roman et à le lire jusqu’au bout. Mais l’atmosphère est trop pesante et sans espoir. Et puis les personnages se sont créés une carapace, certes nécessaire dans le contexte, mais qui rend leur regard sur les événements d’une froideur extrême. Et la fin m’a quelque peu déçue, je m’y attendais vraiment fortement.
Un roman très dur et pessimiste, une écriture puissante, mais qui n’ont pas su me séduire…

Hage Rawi, De Niro’s Game, éditions Denoël, 2008, 262 pages.

Lust Caution

Un film d’Ang Lee.
Sortie en janvier 2008.
Interdit au moins de 12 ans.

Dans les années 1940, alors que le Japon occupe une partie de la Chine, une jeune étudiante, Wong, est chargée d’approcher et de séduire Mr Yee, un des chefs de la collaboration avec les Japonais, homme redoutable et méfiant que la Résistance veut supprimer. Mais très vite, la relation entre Wong et Mr Yee devient bien plus complexe que ne l’avait imaginé la jeune femme.

Voilà bien longtemps que nous n’étions plus allés au cinéma, essentiellement parce que nous n’avions pas vraiment eu de coup de coeur sur les sorties de ses derniers mois. Et puis, il y a eu Lust Caution. Ce film est tout simplement splendide. La musique d’Alexandre Desplat est magnifique. L’histoire est très dure.

Alors qu’une partie de la Chine est occupée par les Japonais, un groupe d’étudiants chinois  décident de se lancer dans la résistance. Avec des moyens plus que limités, ils mettent en place une surveillance de Mr Yee, un des chefs de la collaboration avec les Japonais. Wong, jeune étudiante, est chargée de le séduire et de l’éloigner de ses gardes du corps pour que les étudiants puissent l’abattre. Mais rien ne se déroule comme prévu, la mort de Mr Yee devient une obsession et la relation entre cet homme et la jeune Wong est bien plus complexe qu’elle n’aurait dû l’être…

Entre obsession, amour, trahison, luxure et résistance à l’ennemi, Lust Caution est un film tout simplement magnifique. Malgré un rythme lent et plus de 2h30 de projection, le film n’est jamais long, jamais ennuyeux. On y entre tout entier, on est captivé.

Un thriller psychologique sombre, quelques scènes érotiques, un film à voir absolument!


Good Bye, Lenin!

Un film de Wolfgang Becker.
Sortie en 2003.

Alex, un jeune Berlinois de l’Est, apprend la chute du mur alors que sa mère est dans le coma à la suite d’un infarctus. Celle-ci a toujours été quelqu’un d’actif dans le régime socialiste, participant avec enthousiasme à l’animation.
Les mois passent et le coma se prolonge. La ville se transforme, les voitures occidentales sillonnent les rues, les publicités envahissent les murs. Au bout de huit mois, elle ouvre les yeux dans une ville qu’elle ne peut plus reconnaître. Alex veut absolument lui éviter un choc brutal que son coeur affaibli ne pourrait supporter.
Profitant de son alitement, avec l’aide de sa famille et de ses amis, il reconstruit autour d’elle son univers familier, sollicite l’aide d’un ancien cosmonaute reconverti en chauffeur de taxi et s’efforce de faire revivre la RDA dans les 80 m² de l’appartement…

Une histoire tout simplement magnifique et très émouvante. La famille d’Alex va s’évertuer à reconstituer le monde de l’Allemagne de l’Est autour de leur mère allitée et affaiblie. Une ôde à la vie qui essaie de montrer les marges de manoeuvre qui existe toujours même dans un régime autoritaire, qui essaie de faire comprendre comment certains y ont cru. L’effondrement du mur de Berlin a été un choc pour les Allemands de l’Est, un souvenir qui reste toujours vivace.
Un excellent film joyeux et mélancolique à voir sans attendre.

Lucie Aubrac

Un film de Claude Berri.
Sortie en 1997.

21 juin 1943. A la suite d’une dénonciation, la Gestapo arrête Raymond Aubrac et Jean Moulin par la Gestapo. Mais Lucie, la femme d’Aubrac, va se battre bec et ongle pour libérer son mari des griffes de la police allemande…

Un très bon film historique prenant et terrible sur l’histoire vraie de Lucie et Raymond Aubrac, deux grands résistants. Les évenements sont fidèlement retranscrits ainsi que l’ambiance de la France sous l’occupation. Les deux époux Aubrac eux-mêmes ont contribués à la réalisation du film.
Seul petit bémol – mais là je chipotte – si vraiment les résistants se baladaient dans la rue en costard cravate par groupe de trois le regard fier et haut pour se rendre à leur réunion secrète alors que tous les autres passants sont en habits de travail et regarde par terre, surtout dans le tramway, c’était plutôt facile de les repérer. Ce passage m’a un peu choqué, mais c’est sans doute voulu, pour montrer la détermination des résistants. C’est la seule chose que j’ai pu noter de plutôt invraissemblable. Ce qui ne ternit finalement pas du tout mon avis global.
Une histoire d’amour émouvante envers et contre tout, une femme qui jusqu’au bout fera tout son possible pour sauver son mari…