Archive for the ‘Les sagas’ Category

Plaisirs coupables

mai 2, 2010 - 7:43 2 Comments

Un roman de Laurell K. Hamilton.
Paru en 2004 aux éditions Fleuve Noir.

Tome 1 des aventures d’Anita Blake, tueuse de vampires

Anita Blake gagne sa vie en relevant les morts. Si un homme est mort sans désigné d’héritiers, à la demande de la famille, Anita possède un don qui lui permet de relever le mort pour quelques heures afin de régler cette question. Sa spécialité, c’est donc les zombies. Mais de son enfance, elle garde une haine viscérale contre les vampires. A ces heures, elle est donc également une tueuse de vampires.

Dans le monde d’Anita Blake, les vampires et beaucoup d’autres créatures de la nuit sont officiellement reconnues. Les Plaisirs coupables, c’est d’ailleurs le nom d’une de ces boites où vampires et humains en quête de sensations fortes se rejoignent une fois la nuit tombée.

Anita se retrouve dans cette boite afin de fêter l’enterrement de vie de jeune fille d’une de ces amies. Elle a du mal à cacher son dégoût face aux vampires et à ce qui se passe sur scène. Et bientôt, elle se retrouve embarquée dans une histoire qui la dépasse totalement : la maîtresse vampire de la ville, Nikolaos, fait enlever son amie et la menace de mort, si Anita ne l’aide pas à découvrir qui tue impunément d’importants maîtres vampires. En effet, depuis plusieurs semaines, la communauté vampirique est  mise à mal par un mystérieux sérial killer.

Avec l’aide de Jean-Claude, un vampire particulièrement charmant qui ne laisse pas la belle Anita de marbre malgré sa condition, et de Phillip, un humain à la coupe des vampires chargé de la surveiller le jour, Anita se lance donc à la recherche du mystérieux tueur afin de sauver son amie.

L’auteur est en fait le précurseur des histoires de vampires. Le personnage d’Anita Blake a été créé au début des années 1990, donc bien avant l’engouement  de ces dernières années pour ces créatures de la nuit… On est loin de l’ambiance feutrée de Twilight, bien au contraire les descriptions sont plutôt crues, parfois à la limite du gore et un peu plus qu’évocateur côté érotisme…

J’ai été totalement happée par le rythme de l’histoire. Les chapitres sont courts et ça se lit vraiment très rapidement. J’ai adoré les nombreuses créatures de la nuit qui se côtoient et dont les origines sont bien décrites: les goules, les vampires, les zombies, les rats-garous,… Quelques détails sur le passé d’Anita sont bien distillés tout le long de l’histoire et seront certainement plus exploité dans les tomes suivant. Et l’héroïne conserve son fabuleux sens de l’humour cynique en toute situation!

Pourtant, à dire vrai, j’ai été très déçue par l’écriture de Laurell K. Hamilton ou bien est-ce par la traduction: vocabulaire simpliste, répétition à outrance, pharsé simplissime,… Décidément, je suis trop régulièrement déçue par l’écriture des auteurs de Bit-Lit. J’ai eu un tout petit peu de mal au début pour me laisser aller et ne pas sursauter à certains effets de style… Heureusement, malgré le style, l’histoire a fait son effet et je me suis laissée emporter dans l’univers d’Anita Blake!

Il n’y a aucun doute, je vais très rapidement me procurer le deuxième tome. En espérant tout de même que le style de l’auteur aura évolué…

Hamilton Laurell K. Plaisirs coupables, Tome 1 des aventures d’Anita Blake, éditions Bragelonne, Milady, mars 2010, 382 pages.

Et si on dansait?

avril 14, 2010 - 9:23 No Comments

Un roman d’Erik Orsenna.
Paru en 2009 aux éditions Stock.

Voici le quatrième volet des aventures grammaticales de Jeanne et Tom, les héros d’Erik Orsenna. Dans cette nouvelle aventure, Jeanne et Tom ont grandi. Jeanne est tombée amoureuse d’un lointain jeune homme. Et c’est face à une marée de mots échappée d’une épave que nos deux héros vont avoir affaire. Jeanne va se battre avec la ponctuation pour redonner leur rythme aux mots et aux phrases. Et c’est avec la musique qu’elle va trouver une solution…

Depuis La grammaire est une chanson douce, je guette toujours les nouvelles aventures de Jeanne et Tom. J’aime l’univers d’Erik Orsenna. Sa manière de voir la langue française, de la mettre en scène et de l’expliquer. Dans ce nouvel opus, il lie rythme dans la phrase – la ponctuation – et le rythme de la musique.Un très joli conte!

Le roman est court, il se lit facilement. Il est d’ailleurs entrecoupé de très jolies illustrations de Montse Bernal. Un très bel hommage à la ponctuation!

Orsenna Erik, Et si on dansait?, éditions Stock, 2009, 127 pages.

La lignée

janvier 26, 2010 - 4:22 4 Comments

Un roman de Guillermo del Toro et Chuck Hogan.
Paru en septembre 2009.

Un avion en provenance de Berlin atterrit à New-York. Au dernier moment, la communication est totalement rompue avec la tour de contrôle. L’avion se pose sans incident sur la piste, mais il est immobile, sans que personne ne puisse joindre les personnes à l’intérieur, toutes lumières éteintes.

Ephraïm Goddweather, épidémiologiste pour le CDC et son équipe arrivent sur place. Personne ne sait ce qui est arrivé aux 200 passagers. Quand enfin la porte de secours de l’avion s’ouvre, tous les passagers semblent sagement endormis mais tous sont morts.

Après plus ample vérification, il apparait que quatre passagers ont survécu et ne souffrent que de douleurs à la gorge. Les corps sont emmenés dans différentes morgues de la ville et les quatre survivants à l’hôpital. Que c’est-il passé à bord du vol 753? Ont-ils été victime d’un attentat au gaz? d’une bactérie foudroyante? Rien n’est moins sûr.

Lorsque le soir même, tous les corps disparaissent des différentes morgues, qu’un mystérieux cercueil rempli de terre découvert à bord du vol mais non enregistré à Berlin disparait également, Ephraïm Goodweather commence à se poser des questions… Quand un vieil homme aux doigts étrangement crochu lui fait d’étranges révélations, Ephraïm finit par se lancer dans l’aventure, pour la survie de l’humanité…

La carrière cinématographique de Guillermo del Toro se fait largement sentir dans ce roman, il se lit un peu comme on regarde un film: les allers-retours sur les personnages, les allers-retours dans le temps, les plans sur les différents et nombreux personnages, … Le roman se lit très facilement. Le style est fluide.

Mais la multiplication des personnages, dans la première partie du roman, m’a un peu dérouté au départ. On parle des uns et des autres, on nomme les uns puis les autres, je me suis sentie un peu perdu. Mais finalement chacun aura son rôle à jouer.

Dès les premières pages du roman, on sent un Mal invisible flotter sur les personnages, mais ni les protagonistes, ni même le lecteur ne peut l’identifier. L’atmosphère est pesante, angoissante, la violence toujours sous-jacente. Il s’agit, comme tout le monde l’aura comprit, d’un roman qui traite des vampires. Mais le mythe du vampire est totalement revisité et modernisé par Guillermo del Toro. Le vampire n’a plu rien de romantique. Il n’est qu’un virus, un fléau qui ne peut qu’éradiquer l’espèce humaine à terme. Dans un premier temps, j’ai été déroutée par ce traitement du mythe. Surtout lorsque l’on voit apparaitre des vampires qui ne mordent pas leur victime, mais ont un appendice qui poussent dans leur bouche et projettent un aiguillon pour vider leur victime de leur sang. Mais finalement, on s’habitude, on se laisse prendre au jeu.

En discutant autour de moi de ce traitement du mythe des vampires, j’ai appris que Guillermo del Toro avait déja traité les vampires de cette manière dans Blade II. Il est donc prévu que je le visionne très rapidement…

Un roman qui se lit facilement, les pages se tournent rapidement. On se laisse prendre dans cette traque aux vampires avec beaucoup de facilités… J’ai hâte de lire la suite.

Del Toro Guillermo et Chuck Hogan La Lignée Editions de Noyelle, septembre 2009, 447 pages.

Twilight – Chapitre 2: Tentation

décembre 1, 2009 - 7:21 2 Comments

Un film de Chris Weitz
Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson et Taylor Lautner.
Sortie en novembre 2009.

Twilight - Chapitre 2: Tentation

La vie continue à Forks. Bella et Edward poursuivent leur idylle. Mais bientôt Bella se pose des questions sur son âge. Elle angoisse à l’idée de vieillir alors qu’Edward demeurera éternellement le bellâtre de 17 ans qu’il était le jour de leur rencontre. La question se fait plus vive pour le jour des 18 ans de Bella.

Alice organise une fête à cette occasion. Bella décide d’y participer sans enthousiasme. Mais alors qu’elle ouvre ses cadeaux, elle se coupe avec le papier. Une maladresse qui n’est pas anodine dans une famille de vampires. Jasper se rue sur elle, obligeant Edward à défendre sa bien-aimée. Tout est bien qui fini bien, mais l’incident fait réfléchir Edward. Bella est en danger avec lui. La seule solution pour son bien est de la quitter, sans espoir de retour.

Bella s’effondre…

Je me demandais vraiment ce qu’allait donner ce deuxième volet au cinéma. J’avais été plutôt agréablement surprise par le premier opus. Malheureusement, si ce n’est l’évolution de la relation de Bella et Jacob, la première partie du roman m’avait beaucoup ennuyé. C’est donc avec beaucoup d’appréhensions que je me suis installée dans la salle obscure.

Bella et Carlisle

Et finalement, je me suis laissée prendre au jeu. C’est avec plaisir que je me suis remémorée les aventures de Bella et Edward. J’attendais peut être plus d’émotions lors de la rupture. Je comprends bien le masque impassible d’Edward, mais Bella m’a semblé un peu inexpressive.

Edward et Bella

La partie la plus intéressante à mes yeux est l’évolution de la relation de Jacob et Bella. Jacob, c’était mon gros coup de coeur dans les romans. Alors j’attendais sa transformation avec impatience. Et je suis plutôt mitigée… Alors oui, Jacob a un corps à faire frémir toutes les jeunes filles de la salle, oui son jeu est plutôt pas mal, mais j’ai du mal avec son visage de poupon… Quant aux loups, à leur première apparition je n’ai pu m’empêcher de pouffer. Mais ensuite, je les trouve plus réussi. Même si au final je les trouve très « gentils toutous »,je les aurai vu plus terrifiants.

Bella et Jacob

Bien sûr certaines scènes du roman ont été coupées, d’autres ont été arrangées pour le bien du film, mais dans l’ensemble les choix sont plutôt judicieux. J’ai bien aimé la solution trouvée – le coup de téléphone – pour palier au fait qu’Edward peut difficilement  lire dans les pensées. Et comme dans le premier film, quelques touches d’humour plutôt bien placé ont été ajouté. Mais avec ce deuxième volet, je me dit que sans avoir lu les romans, le film est certainement plus difficilement abordable – ou vite ennuyeux…

Bella

Crédits pour toutes les photos: allociné.fr

En tout cas, j’ai passé une très bonne soirée, je me suis bien changée les idées et j’ai été plutôt agréablement surprise…

Le cueilleur de fraises

novembre 16, 2009 - 11:00 No Comments

Un roman de Monika Feth.
Publié en février 2008 aux éditions Hachette Black Moon.

Le cueilleur de fraises

Jette, Merle et Caro sont trois lycéennes qui vivent ensemble dans un petit appartement de Bröhl. Comme toutes les jeunes filles de leur âge, elles se confient tout et notamment leurs histoires d’amour.  Merle vit une histoire compliquée avec son jeune patron. Caro accumule les histoires d’amour sans lendemain en croyant à chaque fois être amoureuse. La jeune fille a eu une enfance très difficile et dès qu’elle se sent mal dans sa peau, elle ne sait que se faire du mal pour faire face. Quant à Jette, fille d’une célèbre écrivain de thriller, elle est la seule à ne pas encore avoir trouvé de petit copain.
Un jour, Caro rentre chez elle complètement changée. Elle est enfin vraiment amoureuse. Elle vit sur un petit nuage, et pourtant, les filles ne mettront pas longtemps à le comprendre, quelque chose ne va pas. Caro recommence à se faire du mal. Jette et Merle tente d’en savoir plus, mais Caro se referme sur elle-même expliquant qu’elle n’a pas le droit de parler de son nouvel amour, que c’est encore trop tôt.
Quelques jours plus tard, le cadavre de Caro est retrouvée. Son collier lui a été arraché. Le commissaire Bert Melzig fait tout de suite le rapprochement avec d’autres meurtres commis en Allemagne du Nord. Jette et Merle sont effondrées.
Lors de l’enterrement de Caro, Jette jure publiquement au meurtrier de le retrouver…

J’aurai mis longtemps à terminer ce roman. Ce n’est pas vraiment de sa faute, puisque j’ai peu de temps à consacrer à la lecture en ce moment, mais il m’a tout de même manqué quelque chose pour m’y plonger plus avant. Caro, Jette et Merle sont de sympathiques jeunes filles, mais je ne les ai pas trouvé particulièrement attanchantes. L’histoire est bien mais pas vraiment originale. Je trouve qu’elle démarre trop doucement, – et en plus la quatrième de couverture en dit bien trop – et qu’à partir du moment où elle a vraiment débuté, on devine dors et déja la fin, qui me semble plutôt abrupte soit dit en passant… Mais je viens de découvrir qu’une suite des aventures de Jette venait de paraître Le peintre des visages. Peut être l’occasion de développer les quelques points d’ombres du roman et d’en apprendre un peu plus sur les deux personnages que j’ai trouvé les plus intéressants et les plus attanchants, à savoir le commissaire de police Bert Melzig, très professionnel, très humain et qui a quelques soucis dans son couple et la mère de Jette, la célèbre écrivain Imke Talheim, très humaine à ses heures avec sa fille mais qui n’hésite pas à exploiter la mort de Caro dans son prochain roman…

Feth Monika, Le cueilleur de Fraises, Tome 1 des aventures de Jette, Hachette Black Moon, février 2008, 417 pages.

La rose pourpre et le lys Tome 1

février 10, 2009 - 8:55 No Comments

Un roman de Michel Faber.
Paru en 2005 aux éditions du Seuil Points.

rose-pourpre-et-lys

Londres, fin du XIXème siècle. Sugar est une prostitué sulfureuse et cultivée qui ne refuse jamais rien et dont tous les hommes sont fous. William est le riche héritier des parfumeries Rackham, mais demeure le fils cadet pas bon à grand chose et déçu par sa vie et son mariage. Alors qu’il feuillète une revue peu recommandable, il tombe sur une description des talents de Sugar. Il se rend sans attendre dans le bordel de Mrs Castaway afin de constater par lui-même. Mais dès la première nuit, il tombe éperdument amoureux de Sugar. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il la sort de la misère et l’installe dans un bel appartement. Sugar, quant à elle, est bien décidée à tout mettre en oeuvre pour ne plus retomber dans la misère…

Michel Faber nous plonge sans ménagement dans le Londres du XIXème siècle. La pauvreté est d’une réalité terrifiante. L’auteur s’est énormément documenté sur la période, il a d’ailleurs mis plus de 25 ans a écrire La Rose pourpre et le Lys. C’est certainement cela qui confère un caractère très cinématographique à ce roman. L’atmosphère est pesante, lourde. On est dès le départ inclus dans la narration par le narrateur: on est tapis dans le noir, on joue les espions, on est presque gêné par moment, on se sent un peu voyeur… Mais la fresque historique est splendide.
Malheureusement, je n’ai pas été totalement séduite. Je n’ai lu que le premier tome, je n’ai pas eu le courage de me lancer directement dans le second. Les personnages sont très bien décrit, on ne peut pas dire qu’ils soient attachants, mais on attend tout de même de savoir ce qui va leur arriver. J’aime beaucoup la personnalité de Sugar, on arrive pas vraiment à la cerner: elle a l’air tout à la fois fragile, forte, sombre et violente, femme de peu de vertu, mais femme instruite qui tente de rédiger son histoire… Quant à William, c’est un bourgeois médiocre qui n’a le goût de rien que de se plaindre de sa vie – au moins jusqu’à ce qu’il rencontre Sugar.
J’ai surtout été gêné par le manque de sentiments, d’émotions, de profondeur de l’histoire. La recherche historique est impressionante, mais j’ai un peu l’impression que ça confère un caractère trop journalistique au récit. J’ai plusieurs fois eu l’impression de m’enliser…
Mais j’ai tout de même beaucoup aimé l’écriture de Michel Faber. Rien à voir avec un Max Gallo français, son écriture est très agréable, recherchée, mais également crue, parfaitement adaptée à son récit. Certains passages sordides ou sexuellement très explicites peuvent peut être choquer les âmes les plus sensibles…
Une magnifique fresque qui me laisse pourtant sur ma faim… Je laisse passer un peu de temps, mais je lirai certainement le second tome.

FABER Michel, La Rose pourpre et le Lys, Tome 1, éditions du Seuil, collection Points , 2005, 536 pages.