Archive for the ‘Les historiques’ Category

Les carnets de Darwin

juillet 11, 2010 - 6:58 2 Comments

Une bande dessinée d’Ocana et Runberg
Paru en février 2010 aux éditions du Lombard

Les Carnets de Darwin

Tome 1 L’oeil des celtes

1860. L’oeuvre de Charles Darwin , le célèbre naturaliste, est de plus en plus contestée. C’est à ce moment, que Charles Darwin est contacté par le gouvernement pour résoudre une série de terribles meurtres commis dans le Yorkshire et dont on soupçonne un prédateur inconnu. En effet, quelques années auparavant, Darwin avait consacré une étude restée inachevée par manque d’éléments sur ceux que l’on nommait les hommes-sauvages, les griffus

Mais sur place, la modernité affronte l’obscurantisme. Une ligne de chemin de fer est en construction et les villageois ne semblent pas prêt à accueillir ce monstre de fer. La violence fait partie du quotidien. Mais Darwin ne se laisse pas impressionner…

Lorsque je choisi une bande-dessinée, c’est avant tout le graphisme, les dessins, les couleurs qui doivent me séduire lorsque je la feuillète. Ensuite seulement, je m’intéresse à l’histoire. Si elle m’attire également, je me laisse tenter… C’est comme ça que j’ai acheté ce premier tome des Carnets de Darwin lors du Salon du Livre de Paris.

Alors que Charles Darwin vient de publier son Origine des espèces, la polémique commence à faire rage. En parallèle, dans une forêt du Yorkshire, sur le chantier d’une nouvelle ligne de chemin de fer, d’horribles meurtres sont commis. Le premier ministre fini par solliciter Charles Darwin. En effet, c’est son très bon ami Howard Dickinson, qui a investi dans ce projet et la grève de ses ouvriers met tout le chantier en danger. D’après les descriptions des ouvriers, un terrible monstre est à l’origine du carnage. Darwin qui est passionné de ceux que l’on nomme alors les griffus, semble le plus indiqué pour cette traque…

Arrivé sur place, Darwin, esprit rationnel s’il en est, s’oriente tout d’abord vers l’attaque d’un concurrent jaloux.  Mais rapidement, les esprits s’échauffent dans cette région où l’obscurantisme et les superstitions sont encore très présents. Il faut dire que les meurtres sont particulièrement horribles.

A la lisère de l’horreur, ce premier tome nous plonge dans l’univers populaire des campagnes anglaises à la fin du XIXème siècle. Tout y est présent, superstitions, légendes, obscurantisme, des villageois horrifiés, des soldats à la gachette facile, la noirceur de la nuit sans lune en forêt, le démon de l’alcoolisme, une belle jeune femme à l’esprit très ouvert et qui n’a pas la langue dans sa poche, … Cette bande dessinée est digne d’un thriller fantastique. Je me suis très rapidement laissée prendre au jeu. On se demande jusqu’au bout si une explication rationnelle va encore être possible… et même après.

Et pour vous mettre encore plus l’eau à la bouche, voici un résumé en images.

Une belle découverte, dont j’attends la suite avec impatience!

Ocana Eduardo, Runberg Sylvain, L’oeil des Celtes, Tome 1 des Carnets de Darwin, 56 pages, Le Lombard, 2010.

Australia

avril 25, 2010 - 10:50 2 Comments

Un film de Baz Luhrmann.
Avec Hugh Jackman et Nicole Kidman.
Sortie en décembre 2008.

Australia

A la fin des années 1930, Lady Sarah Ashley, aristocrate anglaise,  se rend en Australie afin de rejoindre son mari qu’elle soupçonne d’adultère. Ce dernier était censé vendre leur immense domaine de Faraway Downs avant de rentrer en Angleterre.

Mais arrivée à Faraway Downs, c’est le cadavre de son mari qu’elle découvre, un domaine au bord de la ruine et un contremaître sans scrupule de mèche avec le principal concurrent des Ashley. Pour sauver son domaine, Sarah n’a d’autre choix que de s’allier à un cow-boy local, un peu rustre, connu sous le nom de « Drover ». Sur le domaine, Sarah fait également  la connaissance d’un jeune aborigène orphelin qui lui fait découvrir la vie aborigène et qu’elle prend sous son aile.

Ce film a beaucoup fait parler de lui, en bien comme en mal. J’avais envie de me faire ma propre opinion et j’ai donc visualisé le film, un soir où je me suis retrouvée toute seule…

Australia, c’est un avant tout une grande fresque romantique. Mais c’est aussi un véritable mélange des genres avec de l’action, de l’amour, de l’aventure et la seconde guerre mondiale en toile de fond. C’est un film à grand spectacle! Les images sont vraiment superbes: les paysages et contrées sauvages et désertiques du bush australien sont vraiment splendides.

L'arrivée de Sarah Ashley en Australie

Comme il s’agit d’une fresque romanesque, on se doute bien que le film est plutôt long. Le tout est relativement bien rythmé, on ne s’ennuie pas trop, même si certains passages sont longuets…

Miss Boss et le jeune aborigène, Nala

Les personnages d’Hugh Jackman et de Nicole Kidman me semble un peu caricaturaux. Par contre, j’ai beaucoup aimé le troisième rôle, le jeune aborigène Nala et son personnage magique. On trouve dans ce film une certaine reconnaissance des aborigènes, de leurs moeurs et des souffrances qu’on leur a fait endurer à cette période.

Miss Boss et son troupeau

Au final, l’histoire est plutôt prévisible, et certaines scènes, certains dialogues, sont tout de même un peu lourds. Mais on passe malgré tout un bon moment dans le bush australien au côté du couple très sensuel de Sarah et Drover…

"Drover"

Crédits pour toutes les photos: allociné.fr

Un film romantique pour se changer les idées…

Ontophage

février 28, 2010 - 4:25 2 Comments

Une bande dessinée de Marc Piskic.
Paru en juin 2009.

Tome 1: Pierres de brume

Tristan Sphalt est un jeune journaliste qui vient d’être embauché par Le Petit Journal. Il est chargé d’enquêter sur un cadavre en pierre qui vient d’être découvert au cimetière du Père Lachaise. Mais le jeune homme est aussi intrigué par de nombreux petits incidents à la limite du naturel qui fleurissent dans Paris. A la suite de Tristan Sphalt, on est plongé dans le Paris du Second Empire pleins de mystères…

Comme souvent lorsque j’achète une bande dessinée, c’est le graphisme qui m’a tout d’abord séduit. J’aime énormément le style: la précision du dessin, les couleurs dominantes, la prédominance du noir et du gris,.. Ensuite, c’est l’histoire qui m’a attiré. Comme pour mon dernier coup de cœur en matière de bande dessinée Sambre d’Yslaire, l’histoire prend lieu dans le Paris du Second Empire. Les dessins sont précis, bourrés d’anecdotes de cette période, d’extraits de journaux de l’époque. On est comme hapé dans l’histoire qui se déroule sous nos yeux. Et pour couronner le tout, une belle partie de l’intrigue prend place dans le cimetière du Père Lachaise, un endroit que j’apprécie tout particulièrement pour son ambiance si particulière…

En ce qui concerne le développement de l’intrigue, comme il s’agit d’un premier tome, beaucoup de choses sont mises en place, l’intrigue est ébauchée, mais peu de choses sont révélés. C’est avec beaucoup d’impatience que j’attends la sortie du deuxième livre de cette tétralogie.

Un beau coup de coeur!

Piskic Marc, Ontophage, Livre 1 Pierres de brumes, Emmanuel Proust Editions, 2009.


Le dernier crâne de M. de Sade

février 11, 2010 - 8:18 4 Comments

Un roman de Jacques Chessex.
Paru en décembre 2009 aux éditions Grasset.

Ce roman publié posthume, environ deux mois après la mort de son auteur, se divise en deux partie plutôt inégales. La première relate les dernières semaines de la vie de M. de Sade à Charenton où il était enfermé. La seconde partie, raconté par le narrateur, tente de suivre les péripéties vécu par le crâne de M. de Sade, mais aussi les péripéties que fait vivre le crâne à ces propriétaires.

J’ai découvert Jacques Chessex avec Le vampire de Ropraz au début de l’année 2008 et ce fut pour moi un véritable coup de coeur pour le style et l’écriture de l’auteur. Je m’étais renseigné sur l’auteur, j’avais répertorié ces romans, je voulais absolument en découvrir plus et puis j’ai oublié… En octobre, lorsque j’ai entendu que Jacques Chessex venait de mourir, ça m’a fait un choc et j’ai repensé à ces romans. C’est donc tout naturellement que début du mois de janvier, lors d’un passage dans ma petite librairie de quartier, j’ai acheté ce roman.

Donatien Alphonse François, marquis de Sade, aura passé plus du tiers de sa vie enfermé, que ce soit dans une prison ou dans un asile d’aliénés. Et c’est à Charenton, que s’ouvre le roman, quelques mois avant sa mort. M. de Sade est un vieillard de 74 ans, son corps s’est beaucoup dégradé, mais il n’empêche qu’il conserve l’oeil bleu et vif et ses pulsions de toutes sortes. C’est notamment la jeune Madeleine Leclerc, 16 ans, qui en fait les frais sous l’apparente complicité de sa mère, l’infirmière-concierge de Charenton. Que ce soit l’abbé Fleuret ou le docteur Doucet, tout le monde semble passé les pires caprices du marquis, seul l’abbé Geoffroy se doute des penchants du « monstre » et veut essayer de le mater. On vit ainsi au jour le jour au côté du vieux marquis jusqu’au jour de sa mort.

Dans la seconde partie, le narrateur part à la recherche du crâne de M. de Sade. Rapidement, on comprend que plusieurs crânes ont été moulés sur le vrai crâne du marquis, mais que tous conservent un pouvoir maléfique, le pouvoir de contrôler le comportement des gens qui le croisent. Mais je vous laisse découvrir ces mésaventures.

Le dernier crâne de M. de Sade est moins grave, moins sérieux que le vampire de Ropraz. Le sujet prête plus à sourire. On reconnait bien le style de Chessex, cette violence dans les propos, les descriptions très crues. Mais ce qu’il me reste vraiment en tête au moment de refermer le livre, c’est l’écho de la mort de l’auteur… Le dernier roman de Jacques Chessex.

Chessex Jacques, Le dernier crâne de M. de Sade,  Editions Grasset, décembre 2009, 171 pages.

La route du thé et des fleurs

octobre 12, 2009 - 10:57 2 Comments

Un récit de voyage de Robert Fortune.
Première parution de l’édition originale en 1852
Paru en 2001 aux éditions Petite Bibliothèque Payot.

La route du thé et des fleurs

Robert Fortune (1813 – 1880) est un botaniste écossais.  A  la fin des années 1840, c’est lui que la couronne d’Angleterre a dépêché pour « voler » des plants de thés en Chine afin de les implanter en Inde, sur les contreforts de l’Himalaya. Il s’agit de son journal de voyage, dans lequel il raconte étapes par étapes, ses ressentis, ses aprioris, ses techniques, ses aventures,…

Ce n’est plus un secret, le thé est une de mes passions. C’est avec beaucoup de joie que je me suis plongée dans ce récit de voyage.  J’avoue que j’attendais beaucoup de ce récit et que j’ai été quelque peu déçue par son manque de technicité.

C’est un très beau récit de voyage. Robert Fortune nous décrit bien ce que pouvait être la vie en Chine dans les contrées qu’il visite. On y comprend notamment beaucoup sur la perception que les Chinois avaient des étrangers occidentaux, mais aussi la vision qu’avaient les occidentaux, à travers le regard de Robert Fortune, des Chinois. C’est avec beaucoup de plaisir que l’on découvre les moeurs des uns et des autres. Mais Robert Fortune n’y parle pas que de thés. Il nous mène aussi à la quête de plantes et d’arbres encore inconnus en Europe à cette période. Il envoie les graines et les jeunes plants directement en Angleterre ou plus régulièrement par bateau en Inde. Je tiens aussi à souligner la beauté des paysages décrits, on voyage vraiment depuis notre salon…

Ce qui m’a un peu déçue, c’est l’absence de certains chapitres du manuscrit d’origine. Toute la partie sur l’aspect plus technique de la théiculture et des techniques de dégustations de l’époque n’a pas été retranscrites. Il en résulte donc un livre très peu technique, très descriptif, à la portée de tous. On peut toujours espérer une édition complète un jour…

Un beau voyage au pays du thé à la portée de tous…

Fortune Robert, La route du thé et des fleurs, Petite bibliothèque Payot, 2001, 206 pages.

La rose pourpre et le lys Tome 1

février 10, 2009 - 8:55 No Comments

Un roman de Michel Faber.
Paru en 2005 aux éditions du Seuil Points.

rose-pourpre-et-lys

Londres, fin du XIXème siècle. Sugar est une prostitué sulfureuse et cultivée qui ne refuse jamais rien et dont tous les hommes sont fous. William est le riche héritier des parfumeries Rackham, mais demeure le fils cadet pas bon à grand chose et déçu par sa vie et son mariage. Alors qu’il feuillète une revue peu recommandable, il tombe sur une description des talents de Sugar. Il se rend sans attendre dans le bordel de Mrs Castaway afin de constater par lui-même. Mais dès la première nuit, il tombe éperdument amoureux de Sugar. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il la sort de la misère et l’installe dans un bel appartement. Sugar, quant à elle, est bien décidée à tout mettre en oeuvre pour ne plus retomber dans la misère…

Michel Faber nous plonge sans ménagement dans le Londres du XIXème siècle. La pauvreté est d’une réalité terrifiante. L’auteur s’est énormément documenté sur la période, il a d’ailleurs mis plus de 25 ans a écrire La Rose pourpre et le Lys. C’est certainement cela qui confère un caractère très cinématographique à ce roman. L’atmosphère est pesante, lourde. On est dès le départ inclus dans la narration par le narrateur: on est tapis dans le noir, on joue les espions, on est presque gêné par moment, on se sent un peu voyeur… Mais la fresque historique est splendide.
Malheureusement, je n’ai pas été totalement séduite. Je n’ai lu que le premier tome, je n’ai pas eu le courage de me lancer directement dans le second. Les personnages sont très bien décrit, on ne peut pas dire qu’ils soient attachants, mais on attend tout de même de savoir ce qui va leur arriver. J’aime beaucoup la personnalité de Sugar, on arrive pas vraiment à la cerner: elle a l’air tout à la fois fragile, forte, sombre et violente, femme de peu de vertu, mais femme instruite qui tente de rédiger son histoire… Quant à William, c’est un bourgeois médiocre qui n’a le goût de rien que de se plaindre de sa vie – au moins jusqu’à ce qu’il rencontre Sugar.
J’ai surtout été gêné par le manque de sentiments, d’émotions, de profondeur de l’histoire. La recherche historique est impressionante, mais j’ai un peu l’impression que ça confère un caractère trop journalistique au récit. J’ai plusieurs fois eu l’impression de m’enliser…
Mais j’ai tout de même beaucoup aimé l’écriture de Michel Faber. Rien à voir avec un Max Gallo français, son écriture est très agréable, recherchée, mais également crue, parfaitement adaptée à son récit. Certains passages sordides ou sexuellement très explicites peuvent peut être choquer les âmes les plus sensibles…
Une magnifique fresque qui me laisse pourtant sur ma faim… Je laisse passer un peu de temps, mais je lirai certainement le second tome.

FABER Michel, La Rose pourpre et le Lys, Tome 1, éditions du Seuil, collection Points , 2005, 536 pages.

L'affaire de Road Hill House

octobre 30, 2008 - 11:13 No Comments

Un livre de Kate Summerscale.
Paru en mai 2008 aux éditions Christian Bourgois.

road hill house

En 1860 dans un petit village anglais, le petit Saville Kent disparaît de son lit au lendemain d’une nuit pourtant très calme. Les recherches s’organisent dans la propriété des Kent. Mais quelques heures plus tard, le corps du jeune garçon d’à peine cinq ans est retrouvé dans les latrines des domestiques recouvert de sang. Les habitants de cette grande demeure du Wiltshire doivent rapidement se rendre à l’évidence: Saville a été assassiné et le meurtrier est forcément l’un d’entre eux. Les rumeurs vont bon train sur cette famille à l’apparence tranquille et sans histoire. La presse, en plein essor à cette période, se fait rapidement le relais des plus terribles hypothèses et relatent les moindres détails de l’enquête. Bientôt l’enquête piétine et c’est le détective de Scotland Yard, Jack Wicher qui est envoyé pour tenter de l’élucider.

Ce livre est tout à fait étonnant et particulièrement intéresant. Moi qui aime beaucoup les romans policiers, j’ai été servi. En réalité, il ne s’agit pas d’un roman policier, mais bien de l’enquête historique sur le meurtre de ce jeune garçon que tout le monde semblait pourtant aimer. Kate Summerscale nous fait remonter le temps à travers des documents d’archives (presse, rapports d’enquête, rapports d’autopsie, …) à une époque où la figure du détective n’en est encore qu’à ses débuts. C’est l’époque des premières histoires de Sherlock Holmes et de tous ces acolytes. Cette histoire a d’ailleurs inspiré de nombreux grands auteurs anglais du XIXème siècle. Le contexte historique est admirablement dépeint. On se retouve sans s’en rendre compte dans ce comté du Wiltshire dans la demeure des Kent à l’époque victorienne. Tout y est relaté, le prix des denrées, les habitudes des gens vivant aux alentours de Road Hill House, les premiers succès de la presse, les rumeurs, les protagonistes, les histoires de famille, … On est plongé auxcoeur de l’enquête, elle avance pas à pas sous notre regard.
Une enquête particulièrement riche historiquement parlant et passionante.

De Niro's Game

octobre 22, 2008 - 7:36 No Comments

Un roman de Rawi Hage.
Paru en septembre 2008 aux éditions Denoël.

De niro game

Début des années 1980. Bassam et Georges sont deux amis d’enfance. Ils survivent comme ils peuvent dans un Beyrouth dévasté par les bombes. Un peu voyou, vivant de menus larcins, les jours se suivent pour les deux jeunes hommes comme les alertes à la bombe. Ils rêvent de jours meilleurs jusqu’au jour où Georges s’engage dans la milice. Progressivement, les deux amis s’éloignent l’un de l’autre, Bassam rêve de vivre à l’étranger alors que Georges combat dans la milice chrétienne…

Georges et Bassam sont deux petits voyous qui vivent comme ils le peuvent de leurs petits larcins et de leurs petits boulots. Ils passent leurs nuits dans des fêtes où les filles manquent mais l’alcool coule à flot. Tout ne serait pas si terrible si on n’était pas à Beyrouth dans les années 1980 alors que la guerre fait rage, que les alertes à la bombe se succèdent et que les cadavres pleuvent.
Un jour qu’ils s’ennuient et qu’ils ont besoin d’argent, ils décident de monter un gros coup. Il est question de détourner la recette de la salle de jeu où travaille Georges. Mais l’argent ne fait pas tout. Georges est de plus en plus attiré par les milices chrétiennes alors que Bassam rêve d’évasion, de Rome ou de Paris.
L’écriture est belle et puissante, mais dure et noire. L’histoire est noire, pessimiste, un peu trop pour moi. Je n’ai pourtant pas eu de mal à me plonger dans le roman et à le lire jusqu’au bout. Mais l’atmosphère est trop pesante et sans espoir. Et puis les personnages se sont créés une carapace, certes nécessaire dans le contexte, mais qui rend leur regard sur les événements d’une froideur extrême. Et la fin m’a quelque peu déçue, je m’y attendais vraiment fortement.
Un roman très dur et pessimiste, une écriture puissante, mais qui n’ont pas su me séduire…

Hage Rawi, De Niro’s Game, éditions Denoël, 2008, 262 pages.

La fille du pasteur Cullen

septembre 9, 2008 - 10:03 No Comments

Un roman de Sonia Marmen
Publié en mars 2007 aux éditions France Loisirs.

fille cullen

Début du XIXème siècle. Dana est la fille du pasteur du petit bourg écossais de Kirkcaldy. C’est la petite protégée de la famille, la fille sage aux yeux vairons à qui une maladie infantile a laissé un pied bot. A l’âge de seize ans, c’est le drame. Son frère Jonat qui l’avait veillé et soigné jour et nuit durant sa maladie, quitte la maison suite à une dispute avec son père et est retrouvé mort quelques jours plus tard dans la capitale anglaise. Pour sa jeune soeur, la blessure ne se refermera jamais.
Inquiète pour son avenir, sa mère l’envoie chez sa tante à Edimbourg qui a deux jeunes garçons en âge de se marier. Progressivement, elle tisse des liens avec Timmy, bien qu’elle ne comprenne pas toujours leur relation. Puis elle fait la connaissance du chirugien Francis Seton…

Que dire de ce splendide roman de plus de 900 pages! Une merveille! Malgré son nombre de pages, jamais on ne s’ennuie, jamais le rythme ne s’essouffle. Tout est réuni pour en faire un roman inoubliable: une magnifique histoire d’amour, une Edimbourg enbrumée au début du XIXème siècle, des d’inquiétantes promenades nocturnes dans les cimetières, le milieu de la chirurgie dans un siècle qui ne l’accepte pas encore, la passion des livres… Ce roman est tout à la fois une fresque historique de l’Ecosse au début du XIXème siècle, un roman policier, une romance, le portrait d’une famille déchirée par la confrontation entre la religion et la libre pensée, l’histoire des difficiles débuts de la chirurgie.
J’ai particulièrement apprécié les descriptions des difficultés des chirurgiens dans ce siècle où ils ne sont pas encore vraiment reconnus. La bataille qu’ils ont mené contre les préjugés et l’Eglise pour avoir le droit de pratiquer des autopsies afin de découvrir comment sauver des vies.
J’ai adoré le personnage de Dana. Cette jeune fille sage et prude qui grandit et devient une femme. Son ouverture d’esprit alors qu’elle a été élevée dans le plus strict respect des règles religieuses qu’imposait son père à la famille. Cette jeune femme qui croit ne pas pouvoir plaire avec son pied bot et ses yeux vairons et qui pourtant fait tourner les têtes. C’est en quelque sorte tout son parcours initiatique à travers les affres de l’amour que l’on suit.
J’ai absolument adoré l’écriture de Sonia Marmen. Une écriture juste et délicate qui sait se faire violente ou sensuelle lorsqu’il le faut. Un niveau de langue qui colle absolument au contexte historique – ce que je ne rertouve pas très souvent et qui a souvent tendance à m’énerver. Une atmosphère historique très bien décrite et très bien documentée.
Un pur chef d’oeuvre, un énorme coup de coeur. Des semaines après sa lecture, je n’arrive toujours pas à faire sortir de ma tête les images qu’il y a insinué…

C’est Allie qui m’a donné envie de lire ce roman, il y a bien longtemps. Alors lorsque par hasard, je l’ai vu dans mon catalogue France Loisirs, je n’ai pas su résister.

Marmen Sonia, La fille du pasteur Cullen, éditions France Loisirs, 2007, 911 pages.