Archive for the ‘Coup de coeur’ Category

Faërie

juin 15, 2010 - 10:39 4 Comments

Un roman de Raymond E. Feist
Paru en 1988.

Phil est écrivain, mais écrit régulièrement des scenarii pour Hollywood. Gloria est actrice. Lassés de leur vie trépidante à Hollywood, ils décident de trouver le calme d’une vie à la campagne en achetant une très jolie ferme isolée dans les bois, la maison du vieux Kessler. Gabbie, la fille du couple, adolescente, n’est pas vraiment ravie de ce changement de situation, mais sa vision des choses évolue rapidement lorsqu’elle rencontre le beau et jeune voisin, Jack. Sean et Patrick, les jumeaux profitent du terrain autour de la maison pour jouer au base-ball et partent régulièrement en expédition dans les bois. Mais dans les bois, autour de la colline du Roi des Elfes, se cachent des forces obscures…

Une vieille ferme dans les bois, une famille presque parfaite avec une jeune et belle adolescente, des garçons turbulents et plein de vie, un chat, un chien et une ombre qui se déploie petit à petit jusqu’à totalement recouvrir ce petit monde de ces contours flous et oppressants. Impressions, visions, sensations, comme l’ombre, le trouble envahit petit à petit le lecteur. Entre merveilleux et horreur, l’un étant toujours étroitement lié à l’autre, Raymond Fesit nous fait glisser dans son monde. On pense inévitablement aux contes qui ont bercés notre enfance, mais qui se transforment ici en cauchemars. Par divers aspects, notamment l’atmosphère qui y règne, le récit m’a fait penser au romantisme allemand du XIXème siècle.

J’ai découvert Raymond Feist avec ce magnifique roman.  J’ai dévoré les quelques 600 pages de ce pavé en moins d’un mois, un record actuellement pour moi. Je n’avais plus aucune envie de le lâcher.

Un véritable coup de coeur!

Feist Raymond E., Faërie, éditions Bragelonne, Milady, 2007, 632 pages.

Le déclin de l’Empire Whiting

mars 20, 2010 - 10:19 2 Comments

Un roman de Richard Russo.
Paru en 2002.

Empire Falls, petite ville du Maine,  fut autrefois un important centre industriel, notamment textile. Mais à présent que les principales industries ont fait faillites et ont fermé les unes après les autres, c’est l’ennui qui domine dans la petite ville. Les endroits qui ont le plus de succès sont les cafés et les bars. Suite à la mort de son mari, Francine Whiting a hérité de quasiment toute la ville. Elle cherche à revendre les bâtisses des anciennes industries, mais garde une affection toute particulière pour l’Empire Grill et son gérant, Miles Roby.

Ce splendide roman, entre fresque romanesque et historique, nous conte la vie de  Miles Roby, le gérant de l’Empire Grill, et de ses proches. Hanté par le souvenir de Grace Roby, sa mère et préoccupé par l’avenir de sa fille Tick, 16 ans alors qu’il est en plein divorce, il se bat pour faire tourner l’Empire Grill. En effet, à Empire Falls, tout ou presque – y compris l’Empire Grill – est possédé par Mme Francine Whiting, l’héritière de l’empire Whiting. La découverte de lourds secrets de famille, reliant directement la famille Roby aux Whiting, va bouleverser la vie Miles.

Ce roman est ce que je qualifierais de pavé, et pourtant pas un instant, pas une seconde, je me suis ennuyée. Tout se déroule naturellement, le style est fluide… Richard Russo sait décrire avec beaucoup de justesse la vie des petites gens  déshéritées du Maine, et toujours avec beaucoup d’humour. Les pages se tournent les unes après les autres sans qu’on le remarquent vraiment et j’ai eu un réel pincement au coeur quand il a fallu refermer le roman et quitter Miles, Tick, Grace, David, Mme Whiting, sa fille et les autres…

Un réel coup de coeur!

Russo Richard, Le déclin de l’Empire Whiting, éditions 10/18, domaine étranger, 2004, 633 pages.

Ontophage

février 28, 2010 - 4:25 2 Comments

Une bande dessinée de Marc Piskic.
Paru en juin 2009.

Tome 1: Pierres de brume

Tristan Sphalt est un jeune journaliste qui vient d’être embauché par Le Petit Journal. Il est chargé d’enquêter sur un cadavre en pierre qui vient d’être découvert au cimetière du Père Lachaise. Mais le jeune homme est aussi intrigué par de nombreux petits incidents à la limite du naturel qui fleurissent dans Paris. A la suite de Tristan Sphalt, on est plongé dans le Paris du Second Empire pleins de mystères…

Comme souvent lorsque j’achète une bande dessinée, c’est le graphisme qui m’a tout d’abord séduit. J’aime énormément le style: la précision du dessin, les couleurs dominantes, la prédominance du noir et du gris,.. Ensuite, c’est l’histoire qui m’a attiré. Comme pour mon dernier coup de cœur en matière de bande dessinée Sambre d’Yslaire, l’histoire prend lieu dans le Paris du Second Empire. Les dessins sont précis, bourrés d’anecdotes de cette période, d’extraits de journaux de l’époque. On est comme hapé dans l’histoire qui se déroule sous nos yeux. Et pour couronner le tout, une belle partie de l’intrigue prend place dans le cimetière du Père Lachaise, un endroit que j’apprécie tout particulièrement pour son ambiance si particulière…

En ce qui concerne le développement de l’intrigue, comme il s’agit d’un premier tome, beaucoup de choses sont mises en place, l’intrigue est ébauchée, mais peu de choses sont révélés. C’est avec beaucoup d’impatience que j’attends la sortie du deuxième livre de cette tétralogie.

Un beau coup de coeur!

Piskic Marc, Ontophage, Livre 1 Pierres de brumes, Emmanuel Proust Editions, 2009.


La vie des autres

août 17, 2009 - 10:51 4 Comments

Un film de Florian Henckel von Donnersmarck.
Avec Martina Gedeck, Ulrich Mühe et Sebastian Koch.
Sorti en janvier 2007.

La vie des autres

Au début des années 1980, en Allemagne de l’Est, Georges Dreyman, auteur, et sa compagne, Christa-Maria Sieland, actrice, font partie de l’élite des intellectuels de l’Etat communiste. Pourtant, dans leur fort intérieur, aucun des deux n’adhère vraiment aux idées du parti. Le soir de la première de la nouvelle pièce de théâtre dont Christa-Maria est l’actrice principale, le Ministre de la Culture, Hempf, commence à s’intéresser à elle. Il dépêche alors un des meilleurs agents secrets, Wiesler, avec pour mission de l’observer et de trouver coûte que coûte de quoi inculper Dreyman pour lui permettre de se rapprocher de la jeune actrice. Mais Wiesler est un agent intègre qui croit profondément aux idéaux du parti. Et pourtant tandis qu’il progresse dans son enquête, le couple d’intellectuels va le fasciner de plus en plus…

J’avais vu ce film dès sa sortie au cinéma au début de l’année 2007. Il y a peu, par le plus grand des hasards, j’ai trouvé le DVD. Je me le suis donc offert et je me suis tout de suite replonger dans cet univers si particulier.

Dreyman et Christa-Maria

C’est un film magnifique qui retrace très bien l’atmosphère qui devait règner en Allemagne de l’Est dans les années 1980 avec la Stasi, ses contrôles et ses écoutes.
Sur avis du ministre de la culture, l’appartement de Christa et Dreyman est mis sur écoute. Il y a des micros partout, dans leur chambre, dans le bureau et même dans les toilettes. L’agent Wiesler passe ses journées à les écouter. Et pourtant rien ne permet de les incriminer. Mais au fur et à mesure de son enquête Wiesler se désocialise totalement – il passe de plus en plus de temps à ses écoutes – et commence à vivre par procuration à travers ce couple qu’il se met à admirer et à envier. Malheureusement, ils n’ont rien à envier, le régime va les déchirer jusque dans leur vie la plus intime…

L'agent Wiesler

Crédits pour toutes les photos: allociné.fr

Ce film ne se regarde pas simplement, il se vit. Les acteurs sont irréprochables. Henckel von Donnersmarck a réaliser un travail de documentation énorme et tout le film s’en ressent. J’ai failli pleurer à plusieurs reprises et pourtant je n’ai pas la larme facile habituellement. Mais quand on sort de ce film, il nous faut un petit moment de réadaptation, le temps de reprendre ses esprits.
Un film simplement bouleversant…

Fringe

juillet 27, 2009 - 3:12 4 Comments

C’est sur TF1 au courant du mois de juin que j’ai découvert cette série par le plus grand des hasards, alors que je m’étais endormie devant un film et que je me suis réveillée en deuxième partie de soirée… J’ai tout de suite été intriguée.

Fringe: Joshua Jackson, John Noble, Anna Torv

Crédits photo: allociné.fr

Le premier épisode s’ouvre sur un tragique accident d’avion causé par on ne sait quoi. Les corps sont affreusement mutilés, pas un seul survivant et  du sang partout, mais le pilote automatique a réussi à poser l’avion sans encombre. Olivia Dunham, agent du FBI, est chargée de l’enquête avec son co-équipier et amant John Scott.

Au cours de l’enquête ce dernier est grièvement blessé par une bombe chimique. Le monde d’Olivia vascille dangereusement. C’est auprès de Walter Bishop, un savant fou interné dans un hôpital psychiatrique depuis de longues années, et de son fils Peter, qu’elle va trouver les premières réponses à ses questions. Mais elle ne tarde pas à découvrir que le drame du vol 627 n’est qu’une petite partie d’une vérité bien plus terrifiante…

Mon gros coup de coeur va aux personnages qui sont extrêmement bien interprétés par les acteurs. Joshua Jackson dans le rôle d’un Peter Bishop, aux relations père-fils particulièrement tendus et pas banal, un peu voyou, cynique, ce n’est vraiment que du bonheur! John Noble est vraiment très attachant en savant fou qui s’éparpille à longueur de temps et qui ne pense qu’aux douceurs des desserts et boissons qui lui ont tant manqué au court de ses dix-sept ans d’internement. L’humour cynique et caustique du père et du fils apportent quelques moments particulièrement savoureux… Olivia Dunham interprété par Anna Torv est peut être le personnage du trio auxquels j’accroche le moins, bien que sa situation et sa volonté la rendent facilement attachante.

Fringe: Joshua Jackson

Crédits photo: allociné.fr

Il est vrai que l’intrigue met un peu de temps à s’installer, mais une fois que les fondements sont mises en place, le rythme devient haletant. On ne peut s’empêcher de vouloir voir l’épisode suivant dès qu’un épisode se termine. Les intrigues sont nombreuses et complexes, mais dans chaque épisode une clef nous est donnée pour voir un peu plus loin, commencer à dénouer le noeud du problème. Et puis parfois, on part dans une mauvaise direction et on est bien étonné de la suite…

Bref, voilà ma série coup de coeur de l’été! Et vivement la suite!

Une si jolie robe

octobre 9, 2008 - 6:18 No Comments

Un roman de Fan Wu.
Paru en août 2008.

Une si jolie robe

Canton, 1990. Ming, 17 ans, débute ses études universitaires. Un soir alors qu’elle se sent seul, elle monte sur le toit des dortoirs pour jouer du violon. C’est là que pour la première fois elle rencontre Miao Yan. Cette dernière a quelques années de plus que Ming. Pour les deux jeunes femmes, l’attirance est immédiate et pourtant tout les oppose. Alors que Ming est une élève sérieuse et travailleuse, Yan se laisse vivre et aime faire la fête tard dans la nuit.
Ming est jeune femme naïve qui connaît bien peu de choses de la vie. Surprotégée par ses parents professeurs exilés au fin fond de la campagne durant la révolution culturelle, elle s’est réfugiée dans le monde des livres. Alors que Yan est une jeune femme belle, provocante et manipulatrice. Cette rencontre marquera à jamais la vie de Ming…

Toute l’histoire tourne autour de l’ambiguité de la relation des deux jeunes femmes. En fait, il s’agit un peu de l’histoire de toutes les amitiés adolescentes alors que l’on se cherche, que l’on ne se connait pas encore mais que les hormones nous jouent déja des tours.
L’écriture est douce et fluide, très féminine, très européenne, malgré les origines de l’auteur. Mais comme les romans asiatique, il est écrit tout en douceur, en subtilité, comme les sentiments naissant qu’il dépeint.
Cette amitié orignale n’est pas le seul attrait du roman. A travers, ces deux jeunes femmes, c’est toute l’éducation des jeunes femmes en Chine, pleine de naïveté et de tabous, qui nous est dépeinte. Et j’en suis parfois resté bouche bée…
Un superbe roman que je ne suis pas prête d’oublier. Un véritable coup de coeur…

Wu Fan, Une si jolie robe, Picquier Grand format, 2008, 286 pages.

La fille du pasteur Cullen

septembre 9, 2008 - 10:03 No Comments

Un roman de Sonia Marmen
Publié en mars 2007 aux éditions France Loisirs.

fille cullen

Début du XIXème siècle. Dana est la fille du pasteur du petit bourg écossais de Kirkcaldy. C’est la petite protégée de la famille, la fille sage aux yeux vairons à qui une maladie infantile a laissé un pied bot. A l’âge de seize ans, c’est le drame. Son frère Jonat qui l’avait veillé et soigné jour et nuit durant sa maladie, quitte la maison suite à une dispute avec son père et est retrouvé mort quelques jours plus tard dans la capitale anglaise. Pour sa jeune soeur, la blessure ne se refermera jamais.
Inquiète pour son avenir, sa mère l’envoie chez sa tante à Edimbourg qui a deux jeunes garçons en âge de se marier. Progressivement, elle tisse des liens avec Timmy, bien qu’elle ne comprenne pas toujours leur relation. Puis elle fait la connaissance du chirugien Francis Seton…

Que dire de ce splendide roman de plus de 900 pages! Une merveille! Malgré son nombre de pages, jamais on ne s’ennuie, jamais le rythme ne s’essouffle. Tout est réuni pour en faire un roman inoubliable: une magnifique histoire d’amour, une Edimbourg enbrumée au début du XIXème siècle, des d’inquiétantes promenades nocturnes dans les cimetières, le milieu de la chirurgie dans un siècle qui ne l’accepte pas encore, la passion des livres… Ce roman est tout à la fois une fresque historique de l’Ecosse au début du XIXème siècle, un roman policier, une romance, le portrait d’une famille déchirée par la confrontation entre la religion et la libre pensée, l’histoire des difficiles débuts de la chirurgie.
J’ai particulièrement apprécié les descriptions des difficultés des chirurgiens dans ce siècle où ils ne sont pas encore vraiment reconnus. La bataille qu’ils ont mené contre les préjugés et l’Eglise pour avoir le droit de pratiquer des autopsies afin de découvrir comment sauver des vies.
J’ai adoré le personnage de Dana. Cette jeune fille sage et prude qui grandit et devient une femme. Son ouverture d’esprit alors qu’elle a été élevée dans le plus strict respect des règles religieuses qu’imposait son père à la famille. Cette jeune femme qui croit ne pas pouvoir plaire avec son pied bot et ses yeux vairons et qui pourtant fait tourner les têtes. C’est en quelque sorte tout son parcours initiatique à travers les affres de l’amour que l’on suit.
J’ai absolument adoré l’écriture de Sonia Marmen. Une écriture juste et délicate qui sait se faire violente ou sensuelle lorsqu’il le faut. Un niveau de langue qui colle absolument au contexte historique – ce que je ne rertouve pas très souvent et qui a souvent tendance à m’énerver. Une atmosphère historique très bien décrite et très bien documentée.
Un pur chef d’oeuvre, un énorme coup de coeur. Des semaines après sa lecture, je n’arrive toujours pas à faire sortir de ma tête les images qu’il y a insinué…

C’est Allie qui m’a donné envie de lire ce roman, il y a bien longtemps. Alors lorsque par hasard, je l’ai vu dans mon catalogue France Loisirs, je n’ai pas su résister.

Marmen Sonia, La fille du pasteur Cullen, éditions France Loisirs, 2007, 911 pages.

Auprès de moi toujours

septembre 17, 2007 - 10:00 No Comments
Un roman de Kazuo Ishiguro
Paru en 2006 aux éditions des Deux Terres.

Auprès de moi toujours

Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham, une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l’idée qu’ils étaient des êtres à part et que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour la société dans laquelle ils entreraient un jour.
Bien des années plus tard, Kath s’autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Une histoire d’une extraordinaire puissance, au fil de laquelle Kath, Ruth et Tommy prennent peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d’adultes.

Que dire de ce roman sans en dire trop. La quatrième de couverture est en cela parfait,- pour une fois -, il n’en dit ni trop peu, ni trop et laisse au livre tout son mystère. C’est avant tout ce mystère que j’ai adoré. On entre dans l’histoire sans jamais y être totalement, on ne sait pas exactement de quoi parle Kath, on essaie de s’imaginer à quoi correspond cette fameuse école et pourquoi ces enfants sont sur-protégés et qualifié d’êtres à part. Ce n’est que très progressivement que l’on comprend, bribes par bribes, de quoi il s’agit. Et ne compter pas sur moi pour vous révéler le fin mot de l’histoire… ça en gâcherait toute votre lecture.
Un roman que je recommande chaudement à tous ceux qui aime les romans d’anticipation – mais pas seulement parce que moi je n’aime pas du tout l’anticipation d’habitude – et à tous ceux qui aime la littérature japonaise Même si l’auteur habite en Angleterre, on y retrouve cette pureté, cette blancheur si caractéristique de cette littérature et que j’apprécie particulièrement.
Ishiguro Kazuo, Auprès de moi toujours, éditions des Deux Terres, 2006, 440 pages.